08
juin
Par

Antoine Moudru-Barre, étudiant en 5e année de la spécialité génie mécanique a passé un semestre d’échange à Taïwan de septembre 2017 à janvier 2018. Ceci grâce au très récent partenariat entre l’INSA Strasbourg et la National Chiao Tung University (NCTU) de Hsinchu.

Il partage ci-dessous son expérience.

Le rapport de stage d’Antoine sera disponible à la lecture au service des relations internationales.

Pourquoi avoir choisi Taïwan pour ce semestre à l’étranger ?

Pour valider ma mobilité internationale je voulais effectuer un semestre d’échange et le service des relations internationales m’a fait part d’un nouveau partenariat fraîchement signé. J’ai donc été séduit par l’idée de découvrir la culture asiatique au sein d’un établissement universitaire et d’être le premier à bénéficier de cet échange.

Comment se sont passées vos démarches administratives (VISA, logement) ?

Pour le visa mon cas est particulier. J’étais à l’étranger pour mon stage technicien de 4ème année lorsque j’ai eu ma réponse favorable de NCTU. Je suis donc allé directement à l’ambassade afin d’effectuer mon visa. Il en existe différents types : visiteur, une entrée (gratuit et durée max 90 jours), visiteur : multiples entrées (environ 100 euros, durée max 90 jours) et résident supérieur à 3 mois (environ 100 euros).

Suite aux conseils de connaissances ayant effectuées des échanges à Taïwan dans d’autres universités j’ai pris le visa multiple entrées qui est le plus souple pour les étudiants de moins de 6 mois. Sinon il faut avoir un billet d’avion quittant Taïwan dans les 90 jours après la date d’entrée si on choisit le visa simple entrée et l’obtention du visa résident est plus lourd et long que le visiteur.

En ce qui concerne le logement, je suis d’abord passé par le service de l’université qui proposait des dortoirs pour les étudiants au tarif très abordable. Il y a deux types de dortoirs, ceux directement sur le campus et ceux plus proches du centre-ville de Hsinchu reliés à la fac par des bus (15-20 min de trajet selon le trafic) ce qui était mon cas.
Après être arrivé sur place, j’ai fait la connaissance d’étudiants internationaux et nous avons trouvé une collocation en moins d’une semaine à proximité de la fac pour un tarif assez proche de ce que peut coûter un loyer en colocation à Strasbourg.

A votre arrivée, avez-vous eu des difficultés ?

Très peu ! Malgré ma totale méconnaissance du chinois traditionnel. Nous avons été très bien encadré et intégré dans la vie étudiante par le service des étudiants internationaux de Ann Wong, l’ISA (International Student Association) et les professeurs.

Différentes réunions d’informations ont été organisées par le SRI local, des soirées barbecue par l’ISA afin d’apprendre à connaître les autres étudiants internationaux, la mise en place d’un système de parrainage avec des étudiants taïwanais ou encore l’organisation d’activités découvertes de Taïwan (week-end à Yilan, Kenting, Green Island, Taitung, Tainan… atelier calligraphie, etc).

Dans quelle langue étaient vos cours et comment se déroule le choix de ceux-ci ?

La majorité de mes cours était en anglais. Le processus de choix se fait sur 2 semaines, on s’inscrit en ligne et si le cours est plein, on peut aller à ce cours et demander directement au professeur s’il est possible d’avoir des places en plus. La communication avec les professeurs est primordiale, ensuite il ne faut pas avoir peur de regarder des cours qui sont dans d’autres départements que les siens pour avoir l’éventail des compétences demandées par l’INSA (communication, management ou selon son parcours pour la 5ème année).

Comme je le disais précédemment la majorité des cours étaient en anglais, cependant pour certains cours, le professeur a décidé de faire sa classe en chinois et de donner des devoirs maison aux étudiants internationaux en anglais, le tout supervisé par un doctorant avec rencontre hebdomadaire pour répondre aux différentes questions.

La fac a su aussi faire preuve de souplesse, au vu des demandes des étudiants internationaux pour les cours de chinois et devant le refus des profs d’avoir des classes de plus de 20 élèves pour des raisons pédagogiques, un nouveau créneau de classe a été ouvert pour satisfaire les demandes.

Avez-vous eu des difficultés à vous intégrer ?

Pas du tout, ou très peu. Le fait d’être le seul étudiant provenant de l’INSA Strasbourg m’a poussé à aller à la rencontre des gens et de ne pas rester dans mon coin. L’intégration s’est très bien passée notamment grâce aux étudiants taïwanais qui m’aidaient pour les cours, transmettaient des infos supplémentaires qui pouvaient avoir été données en chinois. Un bon groupe d’étudiants internationaux s’est formé suite aux premières activités de l’ISA. Pour les étudiants internationaux, différents groupes se forment aussi en fonction des origines géographiques, durée d’études à Taïwan et type de semestre.

On a les étudiants internationaux (vietnamiens, indiens, pakistanais, philippins,  etc…) qui sont là pour leurs licences ou masters donc sur des périodes longues (2 ou 3 ans). Ils se font donc des amis qui seront présents pour la même durée. Ensuite les étudiants internationaux qui sont là pour 6 mois à majorité européens (français, allemands, suédois, italiens, espagnols, chinois, etc…) avec pour objectif un semestre d’échange universitaire ou un semestre de recherche.

Heureusement, malgré ces origines ou objectifs différents, il y a de nombreuses opportunités d’échanger que ce soit au travers des cours, des activités de l’ISA, des clubs ou extra-scolaires.

Quels types d’activités as-tu pu pratiquer à Taïwan ?

La fac compte environ 75 clubs, pour ma part j’ai rejoint le club de kick-boxing et le mountain climbing Club. Cela m’a permis de rencontrer de nombreuses personnes, taïwanais, avec qui j’ai lié de solides liens. Je pratiquais le kick-boxing deux fois par semaine. Le club rando organisait différentes sorties le week-end (Tea pot mountain, Xue Mountain, Jade mountain, fallen paradise,  etc…). Il y a de nombreuses autres options sur le campus avec une piscine, des salles de sports accessibles à tarifs réduits ou gratuitement avec la carte étudiante.

Dans quelle mesure cette expérience a été bénéfique pour vous ?

Je pense que cette expérience m’a fait évoluer, pas uniquement scolairement mais aussi personnellement avec une pratique de la langue anglaise, la découverte de nouvelles cultures, sortir de sa zone de confort. Cela nous pousse à aller vers les autres, à découvrir, à chercher, à visiter, à apprendre de chaque chose, ce que nous pouvons perdre en restant dans notre routine scolaire.
Cela crée de nouveaux liens, de nouvelles amitiés et renforcent d’anciennes.
J’encourage tous les étudiants à effectuer un semestre à l’étranger, c’est une aventure universitaire, culturelle et humaine.

Antoine Moudru-Barre

Crédit photos : Antoine Moudru-Barre

Dans les mêmes thématiques :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués par un *