17
avril
Par

Kelly Nataly Cunha Silva, étudiante brésilienne en génie électrique de l’Université Fédérale d’Uberlandia accueillie en double-diplôme à l’INSA Strasbourg, est actuellement en confinement à la cité universitaire Expressions à Mulhouse.

Elle a démarré son projet de fin d’études (PFE) le 12 février 2020 au sein de la société Ekium. Suite à la pandémie Covid-19 son PFE a dû être suspendu jusqu’à nouvel ordre. Elle est en contact régulier avec son tuteur en entreprise, David Ferrebeuf, et participe à des visioconférences virtuelles  tous les quinze jours pour garder le lien dans cette situation inédite.
Avec son témoignage ci-dessous Kelly souhaite donner du courage à toutes les étudiantes et tous les étudiants qui se trouvent comme elle seuls en confinement, loin de leurs proches et amis.


Que vois-tu de ta fenêtre de ton logement?

Depuis la fenêtre de ma chambre, j’ai la chance de voir beaucoup de grands espaces verts avec des arbres, des oiseaux et derrière se trouve un sentier botanique.

Comment  structures-tu tes journées ?

J’ai créé une routine pour ne pas tomber dans la monotonie. L’étude des langues étrangères en fait partie. Je révise l’anglais pour valider la certification du TOEIC et le français pour réussir celle du TCF. J’ai également commencé à apprendre l’italien. Malgré la suspension temporaire de mon projet de fin d’études, je reste en contact avec mon tuteur en entreprise et l’équipe du bureau d’études. Nous faisons régulièrement le point. J’écris aussi des réflexions dans un petit cahier ce qui est un excellent moyen d’évacuer mes émotions et de mieux me connaître. En outre, je fais des exercices physiques. En général, deux fois par semaine, je sors pour faire une demi-heure de footing à l’extérieur ;  les autres jours, je m’entraîne dans ma chambre. Je laisse les week-ends libres pour regarder des films et des séries et lire des livres que j’aime.

De plus, les animateurs du service vie étudiante du Crous-Clous nous proposent des concours et des activités pour que nous restions occupés et pour nous changer un peu les idées. Cela permet de diffuser des ondes positives sur les réseaux sociaux. Comme par exemple un groupe sur Facebook pour que nous puissions interagir et nous soutenir mutuellement. Il y a aussi le concours du meilleur selfie de confinement. La photo la plus originale envoyée par courriel sera primée et le/la ou la gagnant.e pourra récupérer son cadeau après le confinement. Nous avons aussi la possibilité de participer au concours Pâtisserie en résidence. Nous pouvons envoyer par courriel une photo d’un dessert original que nous avons préparé avec un élément Crous de Strasbourg (décoration sur gâteau, objet goodies reçu lors de soirées, logo apparent sur un support etc). Je recommande également un programme de soutien gratuit du Crous pour nous aider à gérer le stress pendant cette période de confinement. Nous recevons chaque jour une vidéo avec des astuces de méditation, d’auto-apaisement et de détente. Cela m’a permis d’améliorer la qualité de mon sommeil.

Toutes ces activités m’aident à rendre mes journées plus agréables.

Combien d’étudiants se trouvent à ton étage ? D’où viennent-ils ?

Selon mes estimations, nous sommes une dizaine d’étudiants à l’étage. Nous partageons la cuisine dans le strict respect des règles de distanciation sociale qui s’imposent actuellement. Parmi ces étudiants, je rencontre des Algériens, des Congolais, des Marocains, des Sénégalais… .

Est-ce que tu cuisines plus qu’avant ? Quel type de plats ?

Oui, en fait j’aime bien cuisiner, mais je n’ai jamais eu beaucoup de temps pour cela jusqu’à présent. J’aime préparer des plats à base de riz, de viande et de légumes. Mais je cherche aussi des nouvelles recettes sur internet, comme par exemple des pancakes de brocolis, des pains à base de pomme de terre, des gnocchis…. J’aime bien confectionner des petits desserts comme par exemple des « mug cake » à la banane, des « brigadeiros » et « beijinhos ». Ce sont des confiseries typiques du Brésil. C’est simple à faire dans une poêle ou avec un four à micro-ondes. Je partage bien volontiers ces recettes de mon pays (rendez-vous en fin d’article NDLR).

Comment gères-tu les contacts sur les réseaux sociaux avec notamment tes amis, ta famille ?

J’ai une très grande famille. Mes parents, mes trois sœurs, mon petit ami et mes amis les plus proches avec lesquels j’ai toujours été en contact par la messagerie et des appels vidéo. Mais je profite de ce temps de confinement pour reprendre contact avec des personnes avec lesquelles je n’avais pas l’habitude de parler auparavant. J’ai fait une liste avec les noms des cousins, oncles et vieux amis que j’ai l’intention d’appeler pour prendre des nouvelles. Parfois le décalage horaire est à prendre en compte. On se met d’accord pour trouver un horaire qui convient à tout le monde. On fait des appels à plusieurs, chacun avec sa boisson et son apéro. Je reste en contact avec mes amis en France, à Strasbourg ou dans d’autres villes. Certains m’ont donné le contact de leurs amis qui habitent à proximité au cas où j’aurais besoin d’aide. Ce qui est super parce que j’ai pu ainsi élargir mon réseau de connaissances.

Est-ce que tu peux conseiller un livre, un film ou un morceau musical que tu as découvert pendant le confinement ?

J’ai découvert récemment deux chansons que j’aime bien et que l’on trouve facilement sur internet.

La première est de la chanteuse brésilienne Vicka. Le titre est Pausa. Voici un extrait des paroles traduites en français :

« Au final, tout revient à sa place- Peut-être qu’il est temps de réfléchir- Tout ne peut pas être contrôlé – Qu’est-ce que le monde a à nous dire? – Qui n’a jamais dit avoir besoin d’espace – Cette vie était occupée, j’étais occupée – Calme, la vie a besoin d’une pause – Qui n’a jamais dit qu’il manquait de temps – Pour rester à la maison, ne rien faire Calme, la vie a besoin d’une pause ».

La deuxième chanson est du collectif français  Et demain ?  Voici un extrait des paroles :  

« Il a fallu en arriver là pour qu’on se parle – Qu’on recommence à s’amuser avec que dalle – Pour qu’on s’appelle qu’on se dise « je t’aime » « est ce que t’as mal? » – Avec le temps on retrouve un temps et la morale – Et demain on fera quoi? On recommencera l’homme est comme ça – Et demain ça sera nous les maîtres du jeu un point c’est tout – S’aimer encore danser encore sourire encore s’embrasser plus fort ».

Qu’est-ce qui te fait le plus de bien ? Que te procure le plus de joie ?

J’ai constaté que je n’ai pas besoin de beaucoup de choses pour vivre heureuse. Je découvre chaque jour la joie cachée dans des instants qui auraient pu passer inaperçus auparavant, comme par exemple prendre un café en écoutant le chant des oiseaux par la fenêtre un matin ordinaire. Valoriser l’instant présent. Je cherche aussi à me concentrer sur des choses positives, comme par exemple sur  les nombreuses initiatives de solidarité qui ont émergé au milieu de cette pandémie.

Quel message voudrais-tu donner aux autres étudiants confinés seuls ?

Découvrez le meilleur en vous-même et faites-vous plaisir. Profitez de ce temps pour vous lancer dans un projet qui a toujours été retardé par manque de temps. Reprenez contact avec de vieux amis et pourquoi ne pas en faire des nouveaux ?

Que comptes-tu faire en premier après le confinement ?

J’aimerais bien à nouveau pouvoir donner des câlins aux gens que j’aime et participer à une vraie soirée entre copains.


Voici les deux recettes

Recette brigadeiro

1 boîte de lait concentré sucré, 1 cuillère à soupe de beurre, 4 cuillères à soupe de poudre de chocolat, des vermicelles en chocolat.

Dans une casserole profonde, ajouter le lait concentré, la margarine et le chocolat en poudre. Cuire à feu moyen et remuer jusqu’à ce que le brigadeiro commence à se détacher de la casserole (environ 10 min). Laisser refroidir et former des petites boules à la main en passant la pâte dans des vermicelles en chocolat.

Recette beijinho

1 boîte de lait concentré 395g, 1 cuillère à soupe de beurre, 4 cuillères à soupe de noix de coco sèche râpée, un peu de noix de coco séchée et râpée pour saupoudrer les bonbons.

Verser dans une casserole le lait concentré et le beurre. Cuire à feu doux en remuant constamment jusqu’à ce que cette masse se détache du fond de la casserole. Retirer du feu, incorporer la noix de coco, placer dans un plat beurré. Laisser refroidir et rouler de petites boules à la main en passant la noix de coco râpée.

 

Propos recueillis par Angelika Hammann, directrice relations internationales

Traduction de l’article en portugais : Georg Koval, responsable Brafitec, INSA Strasbourg

Crédit photos : Kelly Nataly Cunha Silva

6 commentaires

  • Thank you, Kelly, for this very inspiring testimony and for sharing recipes with us. I will definitely try them! They create an original form of (yummy) community.
    I hope you keep your positive look and wish you all the best in your personal and educational projets.

  • Thank you, Kelly, for your inspiring testimony. I will definitely try the recipes you have shared with everyone so kindly. They seem yummy!
    All the best in your personal and professional projects.

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