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juin
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A l’INSA Strasbourg les étudiants internationaux ont l’occasion de renforcer leur parcours universitaire en France par l’obtention d’un double diplôme. Bien que plus exigeante, cette forme de mobilité est choisie par une dizaine d’étudiants internationaux chaque année.
Wilson Sedano, est originaire d’Unicamp, l’Université d’Etat de Campinas, il est venu en France à la rentrée 2016/2017 afin de commencer un double diplôme en quatrième année de génie civil, dans le cadre de la bourse Eiffel. C’est un dispositif qui a été développé par le ministère des Affaires étrangères et du Développement international afin de permettre aux établissements français d’enseignement supérieur d’accueillir les meilleurs étudiants étrangers dans des formations diplômantes de niveau master et en doctorat.

Pourquoi être venu en France pour faire le Double diplôme ?
Quand je suis entré à l’université j’ai demandé à mes profs s’il y avait des partenariats de double diplômes avec d’autres universités en Europe, ils m’ont dit qu’il y en avait en Italie et en France, des deux pays j’ai choisi la France. Quand j’étais en troisième année j’ai essayé de rentrer à l’Ecole polytechnique, j’ai réussi les examens et je suis arrivé à la phase des entretiens mais je n’ai pas été pris parce que j’étais trop jeune.  Un an après  j’ai postulé au sein du groupe INSA.

Pourquoi un double diplôme et pas un simple échange ?
Le Brésil a beaucoup de programme d’échange qui ne sont pas des doubles diplômes, mais je ne voulais pas rester seulement un an à l’étranger parce que je trouve que ce n’est pas assez pour s’imprégner de la culture et créer des contacts forts. Et j’ai aussi le deuxième diplôme, c’est un plus.

Quand as-tu commencé à apprendre le français ? As-tu eu des difficultés en arrivant ?
J’ai commencé à apprendre le Français en 2013, donc j’avais déjà une bonne base quand je suis arrivé, mais c’est difficile de mettre en pratique. La première semaine il fallait aller à la banque pour créer un compte, au magasin de portable, et  les gens parlaient très vite avec moi et c’est justement le moment où il faut signer des documents importants. J’ai suivi un stage intensif de Français Langue Etrangère (FLE) de deux semaines organisé par l’INSA Strasbourg avec l’Alliance Française Strasbourg Europe. J’ai également suivi des cours de français deux heures par semaines, c’était un cours adapté à nos besoins en tant qu’étudiant en ingénierie, notamment avec du vocabulaire technique.  Dans l’idéal, j’aurais voulu suivre plus de cours de FLE.

Comment s’est passée ton arrivée en France et l’intégration au sein des élèves de l’INSA ?
Quand je suis arrivé il n’y a pas eu de choc climatique parce que je suis arrivé en été donc il faisait 37°, je me sentais comme au Brésil mais après en fin d’année, c’était un peu compliqué parce que je n’avais pas de vêtement chauds, j’ai dû tout acheter ici en France.  C’est la première fois que j’ai vu la neige mais avec le climat on s’habitue, même si pour nous quand il fait 15 degré c’est déjà froid…
Cette année c’était  la première fois que je venais en France ce n’était pas trop compliqué au début puisque nous étions 17 étudiants brésiliens à l’INSA et dans ma filière il y a deux autres Brésiliens en double diplôme. Mais l’intégration a été un peu difficile, … peut-être parce que les élèves ne savaient pas que j’allais rester deux ans, et le deuxième semestre c’était mieux parce qu’ils ont vu que j’étais encore là.  En fait je parlais de ça avec mes collègues au stage, ils m’ont dit qu’ici en France ils attendent que la personne qui arrive essaie de s’intégrer. Et pour nous, dans notre culture, c’est justement l’opposé. Quand un étranger arrive au Brésil c’est les autres qui viennent vers lui, donc c’est différent mais je dois encore m’habituer.

A la moitié de ton séjour peux-tu déjà voir que cette expérience a été bénéfique pour toi ?
Pour moi l’expérience est totalement bénéfique : professionnellement ça va être un avantage parce qu’il y a plein d’ingénieurs en génie civil au Brésil. Dans ma filière on est 80 donc je suis en concurrence avec 79 personnes qui auront un CV proche du mien, mais avec un double diplôme et deux ans à l’étranger j’aurai un avantage. Sur le plan personnel aussi, quand on ne reste pas avec sa famille et ses amis, qu’on est loin c’est une expérience qui fait grandir ; s’il y a le moindre problème c’est à toi de le résoudre.
Si j’ai un conseil à donner aux futures étudiants d’échange,  c’est de ne pas avoir peur, au début tout est différent et le choc culturel est immense mais avec le temps on voit que les choses ne sont pas aussi compliquées que ce qu’on pensait au début, on est capable de surmonter ça.

La manière d’enseigner est différente ici ?
Totalement différente… Au Brésil nous n’avons pas la division des cours en cours magistraux, TD et TP.  Pour nous c’est tout mélangé. Parfois le prof explique la théorie et juste après il résout un exercice avec nous. On n’a pas des cours spéciaux pour résoudre des exercices, ça au début c’était difficile de m’adapter parce qu’ici c’était plutôt 3 heures de théorie puis 1h30 d’exercice. Et une autre chose que j’ai trouvée différente c’est qu’au Brésil on a une relation plus proche avec les profs : on se tutoie, on ajoute les profs sur Facebook, on cuisine ensemble, mais ici on garde une distance. Aussi au Brésil on est un peu plus généraliste. Ici on a deux choix de spécialisation en dernière année mais au Brésil on en a 5. La base est un peu plus développée mais par contre maintenant je suis un peu plus spécialisé dans la partie structure, c’est quelque chose que je n’aurais pas eu au Brésil. En France il y a une meilleure division des ingénieries, il y a des gens qui sont spécialisés dans l’environnement ou dans les transports mais chez nous la formation de génie civil comprend tout ça, on doit savoir un peu de tout.

Pour finir un petit mot pour présenter ton université …
J’ai commencé mes études universitaires à Unicamp, l’Université d’Etat de Campinas qui se trouve dans l’Etat de Sao Paulo. C’est l’une des meilleures universités d’Amérique Latine, et dans un classement sortie récemment elle a été classée 185e au niveau mondial. Elle accueille également des étudiants français en double diplôme et propose 5 choix de spécialisation : structures, ressources hydriques, énergétiques et environnementales, géotechniques et transports – celle que moi j’ai choisie – gestion de projets, assainissement et environnement.  

Après une année de cours à l’INSA Strasbourg, Wilson effectue maintenant son stage obligatoire de 2 mois dans le département de géotechnique chez Artelia, une entreprise à Schiltigheim. Il reprendra les cours en septembre  pour suivre la deuxième année de cours avant de retourner au Brésil pour obtenir le diplôme de son université d’origine.

Crédit photo : droits réservés

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