27
novembre
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Nestor Santos,  jeune diplômé mexicain, a terminé major de promotion 2017 dans la spécialité mécatronique à l’INSA Strasbourg.

Il est originaire de Ciudad Juárez, une ville à la frontière du nord du Mexique. En 2015, il a obtenu un diplôme de licence en ingénierie mécatronique à l’Université Autonome de Ciudad Juárez et a obtenu une bourse pour poursuivre ses études avec un master en France. Il a eu cette opportunité grâce à un programme de bourses mis en place par son université d’origine dans le cadre d’un accord avec le réseau «n+i», un consortium de 50 grandes écoles d’ingénieurs françaises dont l’INSA Strasbourg fait partie.

Ce réseau a créé un programme complet (« parcours réussite ») pour aider les étudiants en sciences et en ingénierie et les jeunes ingénieurs qui veulent compléter leur formation en France par un master puis éventuellement par un doctorat.

Nous lui avons posé quelques questions sur son expérience de mobilité internationale.

Nous souhaitons une bonne continuation à Nestor.

A droite debout : Nestor Santos avec l’équipe cigogne INSA Strasbourg et Renaud Kiefer, enseignant chercheur responsable des projets “drônes” à l’INSA Strasbourg à gauche debout

Pourquoi être venu en France pour faire un diplôme d’ingénieur ?

Durant l’année scolaire 2012-2013, j’ai été sélectionné pour participer au programme MEXFITEC qui permet aux étudiants mexicains d’effectuer un échange académique pendant une année dans l’une des écoles d’ingénieurs en France. Dans mon cas, j’ai effectué mon séjour à l’INSA Lyon, au sein du département de génie électrique. Mon expérience au cours de cette année a été très enrichissante sur le plan académique, culturel et personnel. Puis, après mon retour au Mexique, je suis resté avec l’idée de pouvoir revenir en France. J’avais déjà prévu de poursuivre mes études jusqu’à l’obtention d’un master. C’est alors que l’idée d’obtenir le diplôme d’ingénieur français est devenue l’une de mes meilleures options, et plus tard je l’ai considéré comme un de mes objectifs académiques. Au Mexique, les diplômes étrangers sont bien reconnus car ils sont un moyen de valider nos compétences pour s’adapter à de nouveaux environnements de travail.

En 2014, un représentant du réseau «N+I» est allé à mon université pour présenter cet organisme. Il a expliqué comment on pouvait postuler à différentes écoles d’ingénieurs en France en créant un dossier en ligne sur son site internet. Quelques mois plus tard, j’ai complété mon dossier et j’ai reçu l’acceptation pour venir étudier la spécialité mécatronique ici à l’INSA de Strasbourg.

Quand avez-vous commencé à apprendre le français ? Avez-vous eu des difficultés en arrivant ?

J’ai commencé à étudier le français en 2011, un an avant d’arriver en France pour la toute première fois. Le français a beaucoup de mots similaires à l’espagnol, alors il n’a pas été très difficile de commencer à l’étudier. Cependant, quand je suis arrivé en France, je me suis rendu compte que je devais encore le pratiquer davantage. Dès le premier jour en France, j’ai constaté que mes professeurs de français au Mexique parlaient à un rythme lent, afin que nous puissions mieux comprendre. De ce fait, je trouvais que tout le monde parlait très vite ici. Heureusement, pendant les six premières semaines du programme d’échange, je vivais avec une famille d’accueil française et j’étudiais le français intensivement dans une école de langues à Vichy. Cela m’a permis d’améliorer suffisamment mon niveau de français avant de commencer mes études d’ingénieur à l’INSA de Lyon.

Quand je suis revenu en France la deuxième fois, tout a été plus facile. Même si j’avais perdu un peu la pratique, cela ne m’a pas pris beaucoup de temps pour atteindre de nouveau le niveau de français que j’avais après mon premier séjour en France. De plus, je pense que cette fois je me suis encore amélioré grâce au fait que je me suis mieux intégré parmi mes camarades de classe et que mon séjour a duré deux ans, cette fois-ci.

Comment s’est passé votre intégration au sein des élèves de l’INSA ?

En réalité, je n’ai pas eu beaucoup de problèmes pour m’intégrer. Dès le début, ils ont tous été très gentils avec moi. Honnêtement, je ne m’attendais pas que cela allait se passer comme ça. Je suis un peu timide ; d’autre part, j’avais l’idée que les gens ici étaient plus fermés. Lors de mon séjour à l’INSA Lyon, j’ai eu plus des difficultés à m’intégrer avec les autres élèves. Maintenant, je sais que c’est peut-être moi qui n’ai pas suffisamment fait l’effort de m’intégrer. En fait, à cette époque, je n’étais pas arrivé tout seul, je faisais partie d’un groupe d’une quinzaine d’étudiants 15 Mexicains, dont 4 étaient dans la même classe que moi.  Alors nous restions souvent entre nous car c’était plus « confortable » pour nous.

Cette fois-ci, je ne connaissais personne quand je suis arrivé à Strasbourg. Mais dès le premier jour, mes camarades m’ont fait sentir que je faisais déjà partie de leur groupe. Aujourd’hui, je voudrais leur exprimer mes remerciements pour leur accueil chaleureux. Je me souviens qu’à mon arrivée à l’INSA j’ai dû choisir l’un des projets de groupe semestriels;  et toutes les équipes se sont présentées à moi et m’ont expliqué leurs projets afin que je puisse choisir plus facilement. J’ai choisi de travailler avec le projet sur les drones et je me suis rapidement intégré dans l’équipe. Le premier semestre, mes collègues m’ont beaucoup aidé. Par exemple, une amie m’aidait à corriger l’orthographe et la syntaxe de mes rapports en français. Les soirs, avant les examens, mes amis restaient à l’INSA avec moi pour que nous puissions étudier ensemble. J’ai appris d’eux qu’une bonne façon d’étudier était de travailler sur les examens des années précédentes. Quand on devait constituer des équipes pour les TP, je n’ai jamais eu de problème. Parfois eux-mêmes prenaient l’initiative de m’intégrer dans leurs équipes. Aujourd’hui, je peux dire que je me suis fait de grands amis ici à l’INSA de Strasbourg, avec lesquels j’ai partagé des moments très agréables et qui ont été pour moi comme une famille en France.

Dans quelle mesure cette expérience a été bénéfique pour vous ?

Sans aucun doute cette expérience m’a permis de grandir, pas seulement d’un point de vue académique ou professionnel. Au début, c’était difficile parce que, comme je l’ai déjà dit, je suis arrivé en France sans connaître personne, mais je pense que cela m’a permis de grandir sur le plan personnel. Il est toujours difficile d’être loin de notre famille, amis et, dans mon cas, de ma copine aussi. Mais ils me soutenaient toujours depuis le Mexique. J’ai donc appris à apprécier les petits détails que parfois nous ne considérons pas comme importants. D’un point de vue professionnel, être ici m’a aussi permis d’acquérir de nouvelles expériences et de connaître un environnement de travail différent. J’ai eu l’opportunité de travailler avec l’entreprise strasbourgeoise Axilum Robotics et de contribuer à l’amélioration de l’un de ses robots, conçu pour automatiser la procédure de la stimulation magnétique transcrânienne. J’ai également eu l’opportunité de participer à un projet de recherche sur les drones avec le laboratoire ICube de Strasbourg.

La manière d’enseigner est différente ici ?

Oui, c’est une des choses auxquelles il est difficile de s’habituer au début. Au Mexique, du moins dans beaucoup des universités que je connais, chaque matière est enseignée par un seul enseignant, avec lequel nous apprenons la théorie, effectuons des exercices et des travaux pratiques. Ici, ces activités sont bien séparées et on ne les fait pas forcément avec le même enseignant. Il y a les cours magistraux (CM), les travaux dirigés (TD) et les travaux pratiques (TP). D’autre part ici, toute la promo suit le même horaire pendant le semestre, tandis qu’au Mexique chacun est libre de choisir les matières qu’il étudiera durant le semestre et de choisir entre différents horaires et enseignants.

Un petit mot pour présenter votre université…

L’Universidad Autónoma de Ciudad Juárez est l’une des grandes universités au nord du Mexique. Elle est composée de quatre institutions: l’Institut d’Ingénierie et de Technologie, l’Institut de Sciences Sociales et d’Administration, l’Institut des Sciences Biomédicales et l’Institut d’Architecture, de Design et d’Art. De cette façon, l’université propose une offre académique très variée. Je ne sais pas s’il y a eu déjà des étudiants français qui sont allés à mon université pour faire un échange académique, mais je suis sûr que leurs portes sont toujours ouvertes à tout le monde.

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